La montée de l’athéisme contemporain

Je vous recommande chaleureusement la lecture de l’article de Philippe Serradji, enseignant en théologie et apologétique à l’Institut Théologique du Soir à Paris, sur la montée de l’athéisme contemporain.

Extraits :

"« Loin de défendre l’athéisme d’une manière philosophiquement solide, [Michel Onfray] se livre en effet à une attaque en règle contre la religion en général, ce qui n’est pas du tout la même chose. » On relève d’emblée que M. Onfray ne s’intéresse pas à la question de l’existence de Dieu, pourtant essentielle si l’on veut suggérer l’athéologie. S’il est clair qu’il n’y a pas de réel argumentaire, Onfray fait cheminer le lecteur pour l’amener à partager sa conclusion."

"La solution au bonheur par laquelle L. Ferry achève sa philosophie, comme l’hédonisme chez Onfray, semble tout autant relever d’une philosophie par défaut. Assimilant « vie bonne » et « salut », Ferry propose à l’homme de se sauver lui-même par une vie « réussie », « intense ». La vie intense remplace la vie abondante et l’amour de Dieu est remplacé par l’amour de l’homme pour sa singularité. Mais quand L. Ferry se demande: « Frêle bonheur ? Sans doute », il doit reconnaître qu’il représente « peu en comparaison des promesses de la religion, mais beaucoup, il me semble, au regard des exigences de l’humanisme. »"

"« Que je ne croie pas en Dieu, cela ne m’empêche pas d’avoir un esprit, ni ne me dispense de m’en servir[99]. » Pour Comte-Sponville, la spiritualité est avant tout la vie de l’esprit (l’esprit étant une chose qui pense). Ce qui distingue la spiritualité de la religion, selon l’auteur, c’est le rapport à l’absolu, à l’infinité et à l’éternité. La religion consiste à avoir foi dans la Révélation de Dieu. La spiritualité, en revanche, consiste à être fidèle à une série de valeurs reçues. Mais, recevoir des valeurs ne nécessite-t-il pas leur « émission » ? En quoi est-ce différent d’une Révélation ? On devine ici deux problèmes insolubles dans la position de Comte-Sponville. Premièrement : Si la transmission des valeurs se fait de l’homme par l’homme, la question de leur origine première reste posée. Deuxièmement, si l’origine première n’a pas de transcendance réelle, quel peut alors être le fondement de l’autorité ou de l’universalité de ces valeurs ? "

Lire l’article en entier: ici.

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2 commentaires

  1. [...] chez un philosophe. Je crois qu’il a parfaitement raison de mettre en avant les échecs de toutes les philosophies athées (matérialisme, anthropothéisme, spiritualité sans Dieu, etc. …). Sa conclusion est [...]

  2. "Premièrement : Si la transmission des valeurs se fait de l’homme par l’homme, la question de leur origine première reste posée. Deuxièmement, si l’origine première n’a pas de transcendance réelle, quel peut alors être le fondement de l’autorité ou de l’universalité de ces valeurs ? »"

    La transmission des valeurs ne se fait pas de l’homme par l’homme ULTIMEMENT. Ça, c’est secondaire, c’est par après.

    Les valeurs sont créées naturellement. Sur quels principes choisissons-nous telle ou telle religion (si nous voulons en choisir une)? Sur notre moralité déjà acquise.

    Le comportement crée les croyances et on peut s’échanger les croyances.

    L’homme a la théorie de l’esprit, soit qu’il infère de façon naturelle qu’une entité contrôle les objets qui bougent d’une certaine façon (programmation innée : notre reconnaissance des visages, par exemple) ce qui lui permet d’être capable de se mettre dans la peau des autres (en gros résumé).

    Si j’ai mal et que je reconnais que l’autre a mal (dès la tendre enfance, par exemple, un enfant se fait voler un jouet), alors j’agirais moralement pour lui faire plaisir en lui donnant mon jouet. Sur ce comportement, j’établirai ensuite à relativement long terme (un processus complexe) une croyance sur ce genre de situation (il est bien de réagir ainsi).

    Ici, vous avez des extraits d’un livre très pertinent :

    http://books.google.ca/books/about/Why_Good_Is_Good.html?id=kmcAqBiHpncC&redir;_esc=y

    Si vous voulez l’acheter :

    «Moral development is to be seen not as the acquisition of a moral sense, as if that moral sense were something added on in the course of development; rather it is intrinsic to the course of development.»

    «Thus it will be argued that moral codes are constructed, maintained, transmitted and amended bu humans interacting with each other, and thus depend on human nature (…) and on experience in the physical, psychological and cultural environments of development. If this thesis is accepted, it renders unnecessary any appeal to a transcendental source.»

    «Thus I am certainly not claiming that what is natural is good, but rather suggesting that we can trace in what is natural the bases of what we see as good.»

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